La question
L'or et l'argent détenus en bijoux sont-ils soumis à la Zakat ? La réponse varie selon l'école juridique (madhab) que vous suivez.
Consensus entre les quatre écoles
Il existe un accord unanime sur un point : l'or et l'argent détenus en investissement — lingots, pièces (Napoléon, Souverain, Krugerrand), épargne non utilisée, or hérité non porté — sont zakatables. Il n'y a aucune controverse sur ce point.
Il en va de même pour l'or détenu par un homme : le port de bijoux en or est interdit (haram) pour les hommes selon le consensus des quatre écoles, ce qui signifie que tout or en leur possession est considéré comme un investissement, et donc zakatable.
Le point de divergence : les bijoux portés par une femme
La question concerne uniquement les bijoux réellement portés par une femme, en quantité raisonnable, pour un usage personnel licite.
École hanafite : les bijoux portés sont zakatables. La raison fondamentale est que l'or et l'argent sont considérés comme thaman (monnaie par nature) dans la tradition hanafite ; ils conservent donc leur statut de richesse zakatable quelle que soit leur forme. C'est la position la plus inclusive.
École malikite : les bijoux portés en usage personnel licite sont exemptés. La raison est que ces bijoux sont assimilés à un bien d'usage personnel (comme les vêtements), non à un capital productif.
École shafi'ite : même position que les Malikites — les bijoux d'usage personnel licite sont exemptés.
École hanbalite : la position retenue exempte également les bijoux portés en usage personnel licite. Il existe une opinion minoritaire (Ibn Baz, rahimahullah) qui recommande l'inclusion par précaution (ihtiyat), mais cette opinion n'est pas la position dominante de l'école.
Fondements textuels
Les textes de référence sur ce sujet sont :
- Abu Dawud 1565 (sahih) : rapporte qu'Aisha (raḍiya Allāhu 'anhā) portait des bagues en argent sans payer de Zakat dessus. C'est le hadith le plus solide sur ce sujet.
- Abu Dawud 1563 + Nasa'i 2479 (hasan) : rapportent la question des bracelets en or posée au Prophète (ṣallā Allāhu ʿalayhi wa-sallam). La chaîne de transmission remonte à 'Amr ibn Shu'ayb (graduée hasan par les muhaddithun).
- Athar de Aisha (al-Muwatta de l'imam Malik) : rapporte la pratique d'Aisha concernant les bijoux des orphelines sous sa tutelle. Attention : il s'agit d'un athar (rapport d'une Compagnonne), pas d'un hadith du Prophète. Il ne doit pas être cité comme hadith marfu'.
Citations à ne pas utiliser :
- L'expression « laysa fi-l-huli zakat » (« pas de Zakat sur les bijoux ») circule souvent comme hadith. Elle est daif (faible) ou non établie selon les muhaddithun et ne peut pas être citée comme preuve indépendante.
- Aucun hadith de Bukhari ou Muslim ne traite spécifiquement de la Zakat sur les bijoux. Toute référence à Bukhari/Muslim sur ce sujet précis est une erreur.
Ce que HalalStack applique
HalalStack applique la règle de l'école que vous avez sélectionnée dans vos paramètres. Si vous n'avez pas sélectionné d'école, la position hanafite (inclusive) est appliquée par défaut.
La question du seuil d'israf (quantité excessive de bijoux) est intentionnellement laissée hors du calcul automatique : trancher ce seuil relèverait d'une fatwa personnalisée. Si vous détenez une quantité inhabituelle de bijoux, consultez un savant qualifié.
Disclaimer
Le traitement de la Zakat sur les bijoux d'or et d'argent diffère selon l'école juridique islamique. HalalStack applique la règle de l'école que vous avez sélectionnée ; il ne s'agit pas d'un avis religieux personnalisé. En cas de quantité inhabituelle ou de doute, consultez un savant qualifié.